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Hallyu Rietberg : tout savoir sur la culture coréenne au musée Rietberg de Zurich

Hallyu Rietberg : tout savoir sur la culture coréenne au musée Rietberg de Zurich

Hallyu Rietberg : tout savoir sur la culture coréenne au musée Rietberg de Zurich

Un écran géant, une chorégraphie parfaitement synchronisée, des fans qui connaissent chaque parole par cœur. Puis, quelques mètres plus loin, une veste traditionnelle, une céramique ancienne ou une affiche de cinéma. Au musée Rietberg de Zurich, la culture coréenne ne se résume pas à la K-pop. Elle se regarde, s’écoute et se comprend sur plusieurs siècles.

Avec l’exposition Hallyu! The Korean Wave, le musée s’est intéressé à ce phénomène culturel devenu mondial. Le mot Hallyu signifie littéralement « vague coréenne ». Il désigne la diffusion internationale de la culture populaire sud-coréenne : musique, séries, cinéma, mode, beauté, jeux vidéo et gastronomie.

Mais l’intérêt de cette exposition est justement de ne pas présenter la Hallyu comme une mode apparue par magie avec BTS ou Squid Game. Elle montre plutôt comment une société a transformé son histoire, ses traditions et ses outils technologiques en une véritable force culturelle mondiale.

La Hallyu, c’est quoi exactement ?

Le terme apparaît en Chine à la fin des années 1990, lorsque les séries télévisées et la musique sud-coréennes commencent à rencontrer un large succès dans le pays. La vague s’étend ensuite au Japon, en Asie du Sud-Est, puis au Moyen-Orient, en Europe et sur le continent américain.

Le phénomène connaît plusieurs accélérations. La première vient des dramas coréens, ces séries souvent mélodramatiques qui mélangent histoires familiales, romance, humour et critique sociale. La deuxième est liée à la K-pop, avec ses groupes, ses chorégraphies et ses communautés de fans très actives en ligne. La troisième repose sur les plateformes numériques, qui permettent de regarder une série coréenne à Zurich, São Paulo ou Nairobi presque au même moment.

Quelques chiffres donnent une idée de l’ampleur du mouvement. En 2023, le groupe BTS comptait des dizaines de millions d’abonnés sur les réseaux sociaux et ses membres remplissaient des stades dans de nombreux pays. La série Squid Game, diffusée par Netflix en 2021, est devenue l’un des plus grands succès de la plateforme. Le cinéma coréen avait déjà marqué les esprits auparavant, notamment avec Parasite, récompensé par la Palme d’or à Cannes en 2019 puis par l’Oscar du meilleur film en 2020.

La Hallyu ne se limite donc pas à un genre musical ou à une génération. C’est un écosystème. Un peu comme une série de dominos : une chanson attire vers une série, la série donne envie de découvrir une cuisine, puis une marque de cosmétiques ou une destination touristique.

Pourquoi le musée Rietberg s’intéresse à la Corée contemporaine

Le musée Rietberg est connu pour ses collections d’art d’Afrique, d’Asie, des Amériques et d’Océanie. Situé dans le parc de la Rieterpark, à Zurich, il propose habituellement un regard sur des cultures et des traditions qui dépassent le cadre européen.

Avec Hallyu! The Korean Wave, le musée a choisi un sujet très actuel, mais en évitant de l’isoler de son contexte historique. L’exposition met en dialogue des objets anciens et des créations contemporaines. Cette approche permet de comprendre que la culture coréenne populaire n’est pas une rupture totale avec le passé.

La Corée du Sud est souvent associée à la technologie, aux écrans et à la vitesse. Pourtant, son identité culturelle s’appuie aussi sur des éléments plus anciens : le vêtement traditionnel hanbok, l’écriture coréenne hangeul, les rites familiaux, les objets en céramique, la cuisine et les relations avec la nature.

Le musée pose ainsi une question intéressante : comment une tradition reste-t-elle vivante lorsqu’elle est réinterprétée par des créateurs, des stylistes, des réalisateurs ou des chanteurs ? Une réponse possible se trouve dans l’exposition : elle ne reste pas figée. Elle change de forme, mais conserve parfois des codes reconnaissables.

Du palais royal aux clips de K-pop

L’un des fils conducteurs de l’exposition est la rencontre entre héritage et création contemporaine. Le hanbok, par exemple, n’est pas seulement présenté comme un vêtement historique. Ses formes, ses couleurs et ses volumes inspirent encore des stylistes et apparaissent dans des clips, des séries et des défilés.

Dans les productions coréennes, les costumes traditionnels peuvent être utilisés avec une grande liberté. Ils servent à reconstituer une époque, mais aussi à créer une image immédiatement identifiable. Dans une série historique, le vêtement raconte le rang social, l’âge ou la situation du personnage. Dans un clip de K-pop, il peut devenir un élément graphique, presque architectural.

Cette réinterprétation concerne aussi l’architecture et les décors. Les palais, les portes en bois, les jardins et les maisons traditionnelles apparaissent régulièrement dans les dramas et les films. Ils ne sont pas de simples arrière-plans : ils participent à l’histoire et construisent une esthétique coréenne reconnaissable.

Le visiteur peut donc observer un curieux aller-retour entre passé et présent. Une silhouette inspirée d’un vêtement ancien se retrouve dans un spectacle conçu pour les réseaux sociaux. Une mélodie traditionnelle est intégrée à une production pop. Un motif décoratif séculaire devient un élément de design contemporain.

La K-pop : bien plus qu’une musique

Impossible de parler de Hallyu sans évoquer la K-pop. Mais l’exposition rappelle que son succès repose sur bien davantage que des chansons entraînantes.

La K-pop combine plusieurs dimensions : composition musicale, production vidéo, danse, stylisme, narration et stratégie numérique. Chaque groupe possède une identité visuelle soigneusement construite. Les clips sont pensés pour être regardés, commentés, partagés et parfois reproduits par les fans.

Les chorégraphies jouent un rôle central. Elles sont conçues pour fonctionner sur scène, mais aussi dans de courtes vidéos verticales. Sur TikTok ou Instagram, quelques secondes d’un mouvement peuvent devenir un défi mondial. Le public ne se contente plus d’écouter : il participe, apprend, imite et publie sa propre version.

Cette relation directe avec les fans est l’un des grands changements apportés par Internet. Les communautés internationales peuvent suivre les sorties, discuter des paroles, traduire des contenus et organiser des événements locaux. En Suisse, des groupes de fans se retrouvent notamment à Zurich, Genève ou Lausanne pour assister à des concerts, participer à des rencontres ou pratiquer des chorégraphies.

Il faut toutefois éviter une vision trop idyllique. Derrière les performances impeccables se trouve une industrie exigeante, avec des entraînements intensifs, une forte pression médiatique et des contrats parfois discutés. La Hallyu est une réussite culturelle et économique, mais elle repose aussi sur un travail considérable et sur des modèles de production très compétitifs.

Les séries coréennes et l’art de parler du quotidien

Les dramas coréens ont joué un rôle essentiel dans la diffusion de la Hallyu. Ils séduisent par leurs histoires sentimentales, mais leur succès tient aussi à leur capacité à parler de sujets très concrets : logement, travail, hiérarchie, famille, éducation, solitude ou inégalités sociales.

Parasite a marqué les esprits avec sa représentation des écarts entre riches et pauvres. Squid Game a transformé la compétition en métaphore sociale. D’autres séries abordent la pression scolaire, les difficultés professionnelles ou les attentes imposées aux jeunes adultes.

Cette dimension explique en partie leur réception internationale. Les décors sont coréens, les personnages parlent coréen, les références sont parfois locales, mais les problèmes racontés sont largement partagés. Qui n’a jamais ressenti la pression d’un emploi, la difficulté de trouver sa place ou la peur de ne pas réussir ?

Le musée montre aussi comment les images fabriquent une certaine idée de la Corée. Les séries donnent envie de visiter Séoul, de goûter certains plats ou de découvrir des quartiers devenus célèbres à l’écran. Mais elles proposent une représentation construite, parfois très éloignée de la vie quotidienne réelle. Un drama n’est pas un reportage, pas plus qu’une publicité pour la Suisse ne résume la vie à Zurich.

Beauté, mode et gastronomie : la vague dans la vie quotidienne

La Hallyu se retrouve dans des domaines qui dépassent la musique et l’audiovisuel. La K-beauty, par exemple, a popularisé une approche très structurée des soins de la peau. Nettoyants, lotions, sérums, masques et crèmes sont intégrés dans des routines parfois longues.

Cette tendance a contribué au succès international de marques coréennes. Elle repose sur des produits innovants, un packaging reconnaissable et une communication très présente sur les réseaux sociaux. Mais il faut garder un peu de recul : une routine de dix étapes n’est pas obligatoire pour avoir une peau en bonne santé. Les besoins dépendent du type de peau, de l’âge, de l’exposition au soleil et des éventuels problèmes dermatologiques.

La cuisine coréenne bénéficie elle aussi d’une visibilité nouvelle. Le kimchi, les tteokbokki, le bibimbap ou le barbecue coréen sont désormais connus bien au-delà de la péninsule. Le kimchi, préparé à partir de légumes fermentés, est souvent présenté comme un aliment bénéfique pour la santé. Il reste toutefois salé et ne remplace pas une alimentation équilibrée. Là encore, mieux vaut distinguer l’intérêt nutritionnel réel du discours marketing.

Les visiteurs peuvent également faire le lien avec la Suisse. À Zurich, plusieurs restaurants, épiceries et cafés proposent des produits coréens. Certains ingrédients sont faciles à trouver, d’autres restent plus spécialisés et peuvent être coûteux. Pour découvrir cette cuisine, commencer par un bibimbap ou un barbecue coréen est souvent plus simple que de se lancer directement dans une fermentation maison.

Une exposition pensée pour plusieurs générations

Hallyu! The Korean Wave s’adresse autant aux passionnés de culture coréenne qu’aux visiteurs qui connaissent seulement quelques groupes ou séries. Les fans y retrouvent des références familières. Les autres peuvent comprendre les mécanismes qui ont permis à un pays de moins de 52 millions d’habitants de devenir une puissance culturelle mondiale.

La scénographie fait une place importante aux images, à la musique et aux objets. Cette diversité est essentielle : expliquer la K-pop uniquement avec des textes serait aussi peu efficace que présenter le cinéma sans montrer de films.

L’exposition invite également à réfléchir à la circulation mondiale des cultures. La Hallyu n’est pas un phénomène à sens unique. Les créateurs coréens s’inspirent de la musique américaine, de la mode européenne, du hip-hop, de l’animation japonaise et des outils numériques développés ailleurs. Ils transforment ensuite ces influences pour produire quelque chose de nouveau.

C’est peut-être l’un des enseignements les plus intéressants de la visite : une culture mondiale n’est pas forcément une culture uniforme. Elle peut voyager tout en gardant une identité locale.

Informations pratiques pour préparer sa visite

L’exposition Hallyu! The Korean Wave a été présentée au musée Rietberg de Zurich en 2024, dans le cadre d’un projet international consacré à la culture coréenne contemporaine. Comme les dates, les tarifs et les modalités d’accès peuvent évoluer, il est préférable de vérifier les informations directement sur le site officiel du musée avant de se déplacer.

Le musée Rietberg se trouve dans un parc agréable, ce qui permet de prolonger la visite par une promenade. Une bonne option pour éviter l’enchaînement classique « exposition, café, retour à la maison » en moins de deux heures.

Ce qu’il faut retenir

La Hallyu n’est pas seulement un succès commercial. Elle raconte la manière dont la Corée du Sud a utilisé la création, les médias et le numérique pour renforcer sa présence dans le monde. Elle montre aussi qu’une tradition peut rester actuelle lorsqu’elle est réinterprétée au lieu d’être simplement conservée sous vitrine.

Au musée Rietberg, la K-pop côtoie les costumes, les objets, les images et les références historiques. Cette mise en perspective permet de dépasser les idées reçues : non, la culture coréenne ne se résume pas aux groupes de musique et aux séries à succès. Elle forme un ensemble cohérent, parfois contradictoire, qui mélange héritage, technologie, industrie et créativité.

Pour préparer une visite ou prolonger la découverte, trois pistes simples : regarder un film coréen récompensé, écouter un groupe en prêtant attention à sa mise en scène et goûter un plat coréen dans un restaurant local. Ensuite, il sera plus facile de comprendre pourquoi cette vague culturelle continue de gagner du terrain, de Zurich à Séoul.

Sources et repères : Museum Rietberg, présentation de l’exposition Hallyu! The Korean Wave ; Victoria and Albert Museum, exposition internationale consacrée à la vague coréenne ; UNESCO, informations sur le kimchi et les traditions coréennes ; Academy of Motion Picture Arts and Sciences, palmarès des Oscars 2020.

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