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Pfas dans l’eau du robinet : solutions concrètes pour les foyers en suisse romande

Pfas dans l'eau du robinet : solutions concrètes pour les foyers en suisse romande

Pfas dans l'eau du robinet : solutions concrètes pour les foyers en suisse romande

Vous ouvrez le robinet, vous remplissez votre gourde “zéro déchet”, vous vous sentez plutôt vertueux… jusqu’à tomber sur un article qui parle de “polluants éternels” dans l’eau potable. PFAS, PFOA, PFOS : la soupe de lettres fait peur, et la question arrive vite : est-ce que l’eau du robinet est encore sûre en Suisse romande ? Et si oui, faut-il quand même filtrer chez soi ?

On va poser les choses calmement : ce que sont vraiment les PFAS, ce que l’on sait de leur présence dans l’eau en Suisse, et surtout les solutions concrètes pour un foyer romand. Avec des options réalistes, des ordres de prix, et quelques idées reçues démontées au passage.

PFAS, c’est quoi exactement ?

Les PFAS (substances per- et polyfluoroalkylées) sont une grande famille de plus de 4 700 composés chimiques utilisés depuis les années 1950 pour leurs propriétés anti-adhésives et imperméables. On les trouve notamment dans :

Problème : ces molécules sont extrêmement stables. Elles se dégradent très lentement dans l’environnement, s’accumulent dans les sols, les eaux, la faune… et dans notre organisme. D’où leur surnom de “polluants éternels”.

Sur le plan sanitaire, plusieurs études les ont associés à des effets possibles sur :

L’Autorité européenne de sécurité des aliments (EFSA) a drastiquement abaissé en 2020 la dose hebdomadaire tolérable pour un groupe de 4 PFAS (PFOS, PFOA, PFNA, PFHxS), en considérant l’exposition totale (boissons, aliments, air, objets du quotidien) (EFSA, 2020).

Et en Suisse romande, on en est où ?

La Suisse n’est pas épargnée, mais la situation n’est pas homogène. On est loin de certains “hotspots” dramatiques observés en Italie, aux États-Unis ou en Belgique, mais des contaminations locales existent, surtout près de :

Les analyses menées par divers cantons et par l’Institut Eawag montrent en général des concentrations faibles dans l’eau potable distribuée, souvent en dessous des valeurs indicatives suisses, mais avec quelques cas problématiques dans des nappes phréatiques proches de sources de pollution (Eawag, OFEV).

Au niveau réglementaire :

En Suisse romande, beaucoup de distributeurs publient déjà des analyses détaillées de l’eau du robinet ; mais les PFAS n’apparaissent pas toujours dans les rapports standard, qui se concentrent souvent sur les nitrates, pesticides “classiques”, dureté de l’eau, etc.

Traduction : globalement, l’eau du robinet reste de bonne qualité, mais si votre commune se situe près d’un aéroport, d’une zone militaire, d’une décharge ou d’un grand site industriel, la question PFAS mérite qu’on s’y intéresse de près.

Avant de filtrer à tout-va : savoir ce qu’il y a dans son eau

Première étape, avant d’acheter le premier filtre venu : obtenir des données. Sans mesure, difficile d’adapter la solution.

1. Consulter les informations de sa commune ou de son distributeur

En pratique :

La plupart des services des eaux sont habitués à ce type de questions et répondent volontiers. C’est aussi une manière polie, mais claire, de signaler que le sujet intéresse les habitants.

2. Faire analyser son eau à titre privé (si nécessaire)

Si vous habitez près d’un site à risque, que votre commune ne dispose pas de données récentes, ou que vous voulez un contrôle indépendant, vous pouvez faire analyser un échantillon.

Points clés :

Ce n’est pas une démarche utile pour tout le monde, mais pour un ménage vivant en maison individuelle près d’une zone à risque, cela peut donner un vrai levier de décision.

Ce que les filtres font vraiment… et ce qu’ils ne font pas

Une fois que l’on a une idée (même qualitative) de la situation, vient la question des solutions. Tous les filtres ne se valent pas, loin de là.

Boire de l’eau bouillie ne change rien aux PFAS

Les PFAS ne s’évaporent pas en chauffant l’eau, et ils ne se dégradent pas aux températures domestiques. Faire bouillir l’eau peut tuer des microbes… mais ne réduit pas les PFAS. À garder en tête.

Filtres “goût” basiques : très limité pour les PFAS

Les carafes filtrantes d’entrée de gamme ou les petits filtres intégrés à certains pichets améliorent surtout le goût (chlore) et parfois la dureté. Ils utilisent souvent du charbon actif, mais en faible quantité et avec un temps de contact très court. Résultat : l’efficacité sur les PFAS est très variable, voire marginale.

Si le fabricant ne donne aucune donnée chiffrée sur les PFAS, il vaut mieux considérer que l’effet est nul sur ce point précis.

Les technologies qui fonctionnent sur les PFAS

Pour un foyer en Suisse romande, trois grandes familles de solutions sont pertinentes pour réduire les PFAS dans l’eau du robinet.

1. Charbon actif granulaire (GAC) de bonne qualité

Le charbon actif fonctionne un peu comme une éponge ultra-poreuse : les molécules s’y accrochent. Pour les PFAS, il peut être efficace, surtout pour les composés à chaîne plus longue (PFOS, PFOA).

À privilégier :

Ordre de prix (indicatif) :

Limites :

2. Osmose inverse (reverse osmosis)

L’osmose inverse, c’est un peu la “passoire ultra-fine” de la filtration : l’eau est poussée à travers une membrane qui retient la plupart des solutés, y compris de nombreux PFAS.

Avantages :

Inconvénients :

Comme pour le charbon actif, il est crucial de choisir des systèmes testés pour la réduction des PFAS, avec des données chiffrées.

3. Résines échangeuses d’ions

Moins connues du grand public, ces résines agissent comme des “aimants chimiques” qui captent certains polluants. Utilisées seules ou combinées au charbon actif, elles peuvent améliorer la capture de PFAS, notamment les composés à chaîne plus courte.

On les retrouve surtout dans des systèmes plus sophistiqués (ou collectifs) plutôt que dans les filtres grand public simples. Pour un ménage, elles arrivent souvent “en package” dans un dispositif multi-étapes.

Foyer en Suisse romande : quelles options concrètes ?

Tout le monde n’a pas besoin d’un système complexe. On peut raisonner en scénarios pratiques.

Cas 1 : Eau du robinet déjà bien en dessous des futures normes

Vous vivez dans une commune qui publie des analyses PFAS récentes, avec des niveaux très bas ou non détectés, loin des valeurs de référence.

Options raisonnables :

Intérêt principal : simplicité, coût faible, impact environnemental minimal (pas de bouteilles en PET).

Cas 2 : PFAS détectés, mais sous les valeurs de référence

Votre eau présente des PFAS mesurables, mais conformes aux normes actuelles, avec une marge de sécurité qui vous semble toutefois limitée, par exemple si vous avez des enfants en bas âge ou une femme enceinte dans le foyer.

Options :

Ce scénario est probablement celui qui concernés le plus de foyers “inquiets mais pas en situation de crise”.

Cas 3 : niveaux élevés ou incertains, zone à risque

Vous êtes près d’un aéroport, d’une zone militaire, d’un site industriel ou d’une décharge connue, et les informations publiques sont lacunaires, ou des niveaux élevés ont été identifiés dans les eaux souterraines.

Dans ce cas :

La solution la plus efficace, à terme, reste une action au niveau collectif : c’est au service des eaux de traiter la ressource, pas à chaque foyer de devenir son propre mini-station d’épuration.

Locataire, propriétaire, maison, immeuble : ce qui change (ou pas)

Pour un locataire en appartement

Vous contrôlez l’intérieur de votre logement, pas les colonnes montantes de l’immeuble ni la station de traitement. La bonne nouvelle, c’est qu’on peut faire déjà beaucoup :

Pour un propriétaire de maison individuelle

Vous avez plus de marge de manœuvre :

Limiter les PFAS, ce n’est pas que l’eau

Se focaliser uniquement sur l’eau du robinet peut donner une impression de contrôle… mais une partie importante de notre exposition passe aussi par d’autres voies. Bonne nouvelle : là aussi, il existe des gestes simples.

Quelques leviers concrets :

Réduire ces sources peut avoir autant, voire plus d’impact que d’installer un filtre sophistiqué, surtout si votre eau de robinet est déjà correctement maîtrisée.

Check-list rapide pour les foyers en Suisse romande

Pour finir, un résumé opérationnel :

Les PFAS ne vont pas disparaître du jour au lendemain de l’environnement, ni des débats publics. Mais à l’échelle d’un foyer en Suisse romande, on n’est pas condamné à subir. En combinant informations locales solides, filtrations ciblées là où c’est utile, et réduction des autres sources, il est possible de ramener ce sujet anxiogène à ce qu’il devrait être : un risque géré, pas une fatalité.

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