Une pleine lune attire toujours les regards. Elle éclaire une promenade, transforme un paysage familier et donne parfois envie de ressortir un vieux télescope du placard. Lorsqu’une éclipse s’en mêle, le spectacle devient plus rare. Mais que se passe-t-il réellement au-dessus de nos têtes, et quand pourra-t-on observer ces phénomènes depuis la Suisse ?
Voici les dates à retenir, les explications essentielles et quelques conseils pratiques pour profiter du ciel sans équipement compliqué.
Les prochaines pleines lunes visibles depuis la Suisse
La pleine lune se produit lorsque la Terre se trouve entre le Soleil et la Lune. La face lunaire tournée vers nous est alors entièrement éclairée. Elle se lève généralement au moment où le Soleil se couche et reste visible une grande partie de la nuit.
En 2025, les pleines lunes auront lieu aux dates suivantes. L’heure exacte peut varier de quelques minutes selon le lieu d’observation en Suisse, mais la date reste généralement la même :
- 13 janvier 2025
- 12 février 2025
- 14 mars 2025
- 13 avril 2025
- 12 mai 2025
- 11 juin 2025
- 10 juillet 2025
- 9 août 2025
- 7 septembre 2025
- 7 octobre 2025
- 5 novembre 2025
- 5 décembre 2025
Ces dates correspondent à l’instant astronomique de la pleine lune, et non forcément à la nuit où elle semblera la plus impressionnante. À l’œil nu, la Lune paraît presque pleine la veille et le lendemain. Il n’est donc pas nécessaire de sortir à la minute précise.
Un détail utile : la pleine lune de juin se produit souvent assez bas sur l’horizon en Suisse. À l’inverse, celle de décembre monte plus haut dans le ciel et bénéficie de nuits longues. Le paysage, la météo et la pollution lumineuse jouent souvent un rôle plus important que quelques heures d’écart.
Pourquoi la Lune ne disparaît-elle pas à chaque pleine lune ?
La question revient régulièrement. Si la Terre se trouve entre le Soleil et la Lune, pourquoi n’y a-t-il pas une éclipse lunaire tous les mois ?
La réponse tient à l’inclinaison de l’orbite lunaire. Le plan dans lequel la Lune tourne autour de la Terre est incliné d’environ 5 degrés par rapport au plan de l’orbite terrestre autour du Soleil. La plupart du temps, la Lune passe donc légèrement au-dessus ou au-dessous de l’ombre de la Terre.
Une éclipse ne devient possible que lorsque la pleine lune se produit près de l’un des deux points où l’orbite lunaire coupe le plan de l’orbite terrestre. Ces points sont appelés les nœuds orbitaux. Il faut donc un alignement suffisamment précis entre le Soleil, la Terre et la Lune.
On peut comparer cela à trois billes posées sur une table. Pour que l’une projette son ombre exactement sur l’autre, les trois doivent être presque parfaitement alignées. Dans l’espace, l’inclinaison de l’orbite rend cet alignement relativement rare.
Les éclipses à observer depuis la Suisse
En 2025, deux phénomènes retiendront particulièrement l’attention des observateurs suisses.
Une éclipse solaire partielle le 29 mars 2025
Le 29 mars 2025, la Lune passera devant une partie du Soleil. Depuis la Suisse, l’éclipse sera partielle : le disque solaire ne sera pas entièrement masqué.
La visibilité exacte dépendra de la région et de l’horizon dégagé. L’éclipse se déroulera en matinée, avec un maximum en fin de matinée selon les localités. Il faudra vérifier les horaires précis auprès d’un observatoire, d’une société astronomique suisse ou d’un service spécialisé comme timeanddate.com.
Attention : les lunettes de soleil ordinaires ne protègent pas les yeux. Il faut utiliser des lunettes spéciales pour éclipse solaire, conformes à la norme ISO 12312-2. Les filtres improvisés, les négatifs photo, les CD ou les verres fumés sont dangereux. Ils peuvent donner l’impression de réduire la luminosité tout en laissant passer des rayonnements invisibles capables d’endommager la rétine.
Une éclipse lunaire totale le 7 septembre 2025
Le 7 septembre 2025, une éclipse lunaire totale sera visible depuis la Suisse. C’est le rendez-vous le plus intéressant de l’année pour les amateurs de ciel nocturne.
Lors d’une éclipse lunaire totale, la Lune traverse l’ombre de la Terre. Elle ne devient pas complètement noire. Une partie de la lumière solaire traverse l’atmosphère terrestre, qui filtre surtout les couleurs bleues et laisse davantage passer les teintes rouges et orangées. La Lune peut alors prendre une couleur cuivrée, parfois surnommée « Lune de sang ».
Cette expression est spectaculaire, mais elle ne désigne pas un phénomène mystérieux. La couleur dépend de l’état de l’atmosphère terrestre : poussières, pollution, humidité et éruptions volcaniques peuvent modifier l’intensité du rouge.
En Suisse, la Lune sera basse sur l’horizon au début du phénomène. Il faudra donc choisir un lieu avec une vue dégagée vers l’est ou le sud-est, selon l’horaire local. Les régions montagneuses offrent parfois un horizon intéressant, mais les vallées encaissées peuvent au contraire masquer le début de l’éclipse.
Ce que l’on peut voir pendant une éclipse lunaire
Une éclipse lunaire se déroule progressivement. La Lune entre d’abord dans la pénombre de la Terre. Cette première phase est discrète et parfois difficile à distinguer à l’œil nu.
Elle atteint ensuite l’ombre principale. Une partie du disque lunaire s’assombrit, puis la totalité de la Lune peut prendre une teinte rouge-orangée. Après quelques dizaines de minutes, elle ressort progressivement de l’ombre.
Les principales phases sont donc :
- Entrée dans la pénombre : légère baisse de luminosité, peu spectaculaire.
- Début de la phase partielle : une portion de la Lune devient nettement sombre.
- Début de la totalité : la Lune est entièrement plongée dans l’ombre terrestre.
- Maximum de l’éclipse : la coloration rouge ou cuivrée est souvent la plus visible.
- Fin de la totalité et sortie de l’ombre : la Lune retrouve progressivement son éclat habituel.
Contrairement à une éclipse solaire, une éclipse lunaire peut être observée sans danger à l’œil nu. Des jumelles permettent même de mieux distinguer les reliefs et les variations de couleur. Un télescope n’est pas indispensable.
Comment observer une pleine lune en Suisse
Pour une simple pleine lune, le matériel le plus utile est souvent… un bon emplacement. Depuis une ville, la Lune reste parfaitement visible, mais les éclairages urbains rendent les étoiles beaucoup moins nombreuses.
Quelques conseils simples peuvent faire la différence :
- Éloignez-vous des lampadaires et des façades très éclairées.
- Choisissez un point avec un horizon dégagé, surtout lorsque la Lune est basse.
- Consultez la météo, mais aussi la couverture nuageuse heure par heure.
- Laissez vos yeux s’habituer à l’obscurité pendant une dizaine de minutes.
- Utilisez une paire de jumelles si vous souhaitez observer les cratères et les mers lunaires.
- Pour photographier la Lune, stabilisez le smartphone ou l’appareil sur un trépied.
La Lune est très lumineuse. Pour une photo prise avec un smartphone, le mode automatique a souvent tendance à produire un disque blanc sans détail. Touchez la Lune sur l’écran, puis réduisez manuellement l’exposition. Avec un appareil photo, une vitesse rapide et une sensibilité basse donnent généralement de meilleurs résultats.
Un conseil contre-intuitif : la pleine lune n’est pas forcément le meilleur moment pour observer les reliefs lunaires. Lorsque la lumière arrive de côté, près du premier ou du dernier quartier, les cratères projettent de longues ombres. Le relief ressort alors davantage. La pleine lune est plus impressionnante pour son éclat, mais pas toujours pour les détails de sa surface.
La « super Lune » est-elle vraiment exceptionnelle ?
Le terme « super Lune » est devenu courant dans les médias. Il désigne une pleine lune qui se produit alors que la Lune se trouve relativement proche de la Terre, près de son périgée.
L’orbite lunaire n’est pas un cercle parfait. La distance entre la Terre et la Lune varie approximativement entre 356’000 et 407’000 kilomètres. Lorsqu’elle est proche, la Lune peut sembler un peu plus grande et plus lumineuse qu’à son éloignement maximal.
La différence existe, mais elle reste modeste. Une « super Lune » n’apparaît pas deux fois plus grande dans le ciel. Selon la comparaison retenue, son diamètre apparent peut être environ 14 % supérieur à celui d’une pleine lune située près de l’apogée, et sa luminosité jusqu’à environ 30 % plus élevée.
Le plus grand effet visuel intervient souvent lorsqu’elle se lève près de bâtiments, d’arbres ou de montagnes. Le cerveau compare alors la Lune à des objets familiers. C’est ce que l’on appelle l’illusion lunaire. La Lune semble énorme, même si sa taille apparente n’a pas changé pendant sa montée dans le ciel.
Les croyances sur la pleine lune : que disent les faits ?
La pleine lune est souvent associée à un sommeil perturbé, à une hausse des naissances ou à des comportements plus agités. Pourtant, les études disponibles ne permettent pas d’établir un effet général et solide sur la santé ou le comportement humain.
Certaines recherches ont observé de petites variations du sommeil autour de la pleine lune, mais les résultats sont irréguliers et difficiles à reproduire. Les nuits de pleine lune sont aussi plus lumineuses, ce qui peut influencer certaines personnes si leurs volets laissent entrer la lumière.
Pour les naissances, les urgences hospitalières ou les accidents, les analyses de grandes séries de données ne montrent généralement pas d’augmentation fiable liée au cycle lunaire. Une nuit particulièrement chargée peut donner l’impression d’un lien, mais une impression n’est pas une preuve.
La Lune exerce bien une influence physique sur la Terre, notamment sur les marées. Mais l’effet gravitationnel sur une personne est minuscule par rapport à celui exercé par les objets proches, comme un bâtiment ou une voiture. La pleine lune mérite donc notre attention comme phénomène astronomique, pas comme explication automatique de tout ce qui se passe sur Terre.
Où trouver les horaires exacts ?
Les horaires varient légèrement selon la ville. Pour préparer une observation depuis Genève, Lausanne, Berne, Zurich ou Lugano, plusieurs ressources sont utiles :
- MétéoSuisse pour les prévisions et la couverture nuageuse.
- La Société astronomique de Suisse et les clubs d’astronomie locaux pour les événements publics.
- Les éphémérides de l’Observatoire de Genève ou d’autres observatoires suisses.
- Timeanddate.com pour les horaires détaillés des éclipses selon la localité.
- Des applications comme Stellarium, Sky Tonight ou Star Walk pour repérer la Lune et connaître son azimut.
Pour une éclipse solaire, vérifiez toujours les consignes de sécurité auprès d’une source astronomique fiable. Pour une éclipse lunaire, une veste chaude, une chaise pliante et un peu de patience seront plus utiles qu’un équipement coûteux.
Les rendez-vous à retenir
Si vous souhaitez simplement noter deux dates dans votre agenda, retenez le 29 mars 2025 pour l’éclipse solaire partielle et le 7 septembre 2025 pour l’éclipse lunaire totale visible depuis la Suisse.
Pour les pleines lunes, le calendrier revient chaque mois. Le meilleur moment dépendra surtout du ciel, du lieu choisi et de votre envie de lever les yeux. Même depuis un balcon en ville, quelques minutes suffisent parfois pour observer un spectacle vieux de plusieurs milliards d’années. Et celui-là, contrairement à beaucoup de programmes du week-end, ne nécessite ni réservation ni abonnement.
Sources : NASA Eclipse Web Site, Observatoire de Genève, Société astronomique de Suisse, Office fédéral de météorologie et de climatologie MétéoSuisse. Les horaires précis doivent être vérifiés pour chaque localité et peuvent différer de quelques minutes.
